Parmi les nombreuses activités plus ou moins productives qui m'accaparent ces jours-ci, l'une des plus fastidieuses consiste à prouver que je suis, en tout cas au regard de la loi, une citoyenne irréprochable. Sous nos latitudes, le document idoine porte le nom très victorien de "certificat de bonne vie et moeurs" (ce qui m'inquiéta brièvement au temps de ma folle jeunesse) et s'obtient auprès des autorités de la municipalité.
Or donc, ce matin, m'armant du courage requis pour affronter toute administration, je me suis mise en route pour la maison communale.
Les circonstances exigeaient non seulement du courage, mais également une bonne paire de bottes: il neigeait. Certes pas la tempête de neige dans laquelle j'ai dû rouler avant-hier (les gros flocons mouillés fonçaient vers moi dans la lumière des phares, en totale contradiction avec le mouvement de la voiture, et j'ai fini par éprouver une sorte de mal de mer); mais une bonne tombée de flocons un peu durcis par le gel, extrêmement désagréables au contact. La chaussée a d'ailleurs été prise de verglas par endroits; comme de juste en de telles circonstances, la circulation s'est immédiatement retrouvée à l'arrêt dans tout le quartier.
Probablement sans lien direct avec la météo, le système informatique de la municipalité était en panne. Les préposées aux guichets l'annonçaient aux requérants avec de grandes gesticulations, un peu comme si nous étions une nuée de gros insectes importuns dont il convenait de se débarrasser au plus vite.
"Ah mais vous n'auriez pas dû venir," m'a annoncé la mienne, de préposée, une fois mon tour venu. "Ce qu'il faut faire, c'est téléphoner trois jours avant en donnant votre numéro machin. Vous savez, ça va beaucoup plus vite!"
Réprimant une forte envie de meurtre, j'ai fait valoir que puisque j'étais là, je pouvais faire ma demande en personne. La préposée a mobilisé un reste de bonne volonté. Hélas! Mon numéro machin, qui fut autrefois apposé au dos de ma carte d'identité, était devenu parfaitement illisible; il figurait bien sûr également dans un gros ordinateur quelque part, mais celui-ci refusait toutes les sollicitations.
"Je crois que ce sera mieux de téléphoner cet après-midi," a annoncé la préposée, savourant discrètement mais visiblement son triomphe.
Dehors, la gadoue a eu raison de mes bottes. J'ai dû en changer avant de partir au bureau, avec une heure de retard pour rien. Il neigeait toujours et le verglas tenait, mais le bouchon avait profité de mes démêlés avec l'administration pour se résorber.
De guerre lasse?
Bon il est presquue 23 heures 30 et après lecture de ta prose, j'ai ressenti un froid glacial, non pas que j'ai lu le recit d'un meutre, bien que le mot meurtre fut employé par toi dans ton récit, mais ce froid était tellement dense que je pensa, zut la chaudière est en panne et ma moitié n'est pas là pour vérifier.
Et bien que neni c'était tout simplement les mots que je venais de lire : neige, tempête, flocons mouillés, verglas et j'en passe et des meilleures, et là je me dis quelle chance tu as ma fille de vivre dans cette si belle région, où aujourd'hui tu es allée passer des examens en petites chaussures et petit blouson, Ania c'est une proposition honnête : viens coucher à la maison.
Trève de plaisanterie, j'ai une question, mais la réponse je la sais : 1 - qu'est ce, ce certificat de bonne vie et moeurs, 2 - à quoi te sert-il?, 3 - qu'elle est sa correspondance en france ?
Bon comme je sais et j'ai lu tes nombreuses activités de ces jours, dès que j'ai fini ce petit texte en ton intention, je m'envais de ce pas " gougueuler", tu as vu je t'emprunte un de tes mots favories.
En ce qui concerne les employés des guichets, là tu vois nous avons le même gabarie chez nous.
Ania le principal c'est que tu arrives à tes fins : l'obtention de ce sacré certificat.
Bon courage pour l'obtenir et le restant de ta semaine active.
Rédigé par: Jeanne | 08/02/2007 à 23:44
C'est vrai ça, c'est quoi ce certificat?
Dans le genre délire administratif, la dernière que j'ai connue n'était pas mal. Un organisme nommé la Cotorep est chargé en France de statuer sur les handicaps et la réinsertion professionnelle. Ca sentait un peu le roussi à mon boulot depuis quelques mois (changement de direction) et je décide donc de me protéger un peu plus en (re)demandant le statut de travailleur handicapé catégorie C (indéboulonnable). Je monte mon dossier tout propre et particulièrement limpide, puisque je suis déjà handicapée 80% et tout le tintouin. Deux mois après, je reçois un courrier de 5 lignes me refusant le statut car "Mon état de santé ne me permet pas d'envisager une réinsertion professionnelle"; ça fait 30 ans que je bosse à plein temps! Y z'avaient même pas ouvert mon dossier, c'est clair. Handi= parasite, basta.J'ai fait appel et obtenu satisfaction dans le mois suivant. Mais j'attends toujours le mot d'excuses. Et il me semble que leur état de santé à eux pose quelques problèmes au niveau professionnel...
Rédigé par: Sophie | 09/02/2007 à 16:29
Je vous livre la clé du mystère: il s'agit tout simplement d'un extrait de casier judiciaire... Rien de sortant de l'ordinaire ni de très compliqué, mais il faut le demander dans les formes sans déborder de la case :-) Je n'ose imaginer ce que seraient mes déboires pour obtenir l'équivalent du document dont parle Sophie. Quant aux excuses... Les administrations ont ceci de particulier, me semble-t-il, qu'elles incitent les gens travaillant pour elles à ne se sentir personnellement responsables de rien. Heureusement, il y a des exceptions. Enfin, je crois qu'il y en a. Si, si, j'en suis sûre. :-)
Rédigé par: Ania | 09/02/2007 à 17:08