Je dois reconnaître que le concept de "maladie chronique" n'a pas encore complètement fait son chemin dans mon esprit. M'étant appliquée à suivre les consignes et à ingurgiter les poisons prescrits avec une régularité obsessionnelle, je guettais tous les mois les résultats de la prise de sang, assez stables pour nourrir mes illusions. Si ce n'est que ça, me disais-je, les douleurs/raideurs du matin, le boitillement de temps en temps, c'est assommant, mais on va pouvoir s'en accommoder. Vivre avec.
Seize jours sans cortisone m'ont fait retomber de mon nuage (je me suis fait mal). Libérée de l'emprise de sa drogue préférée, Dame PR n'a pas mis dix jours à se déchaîner, me broyant tout le corps avec enthousiasme et méthode, et pas seulement aux petites heures. Du coup, mes derniers résultats sont plus mauvais qu'avant le premier bonbon à la menthe cachet de métho. Je résiste de toutes mes forces à l'envie de me demander à quoi ça sert de continuer à en prendre...
Du coup, aussi, le duel au sommet entre Dame PR et l'Extrait de hamster chinois est remis à plus tard, et moi, je me remets à la cortisone, à plus forte dose bien sûr. Vingt-quatre heures plus tard, Dame PR s'est tapie dans un coin presque sans bouger, me laissant complètement sur le carreau après tous ces excès.
Par défi, j'ai quand même passé une petite heure à travailler au jardin. Par défi aussi, je termine cette petite note avant de m'effondrer. Par défi, je ferai à manger (au moins en partie, j'essaie de pousser Monhomme vers le barbecue; pour une fois depuis le temps qu'il fait beau...).
C'est cela qui m'épuise le plus, devoir LA défier sans arrêt pour vivre normalement. Et si c'est elle qui finissait par avoir le dernier mot?
Un mois de patience. Qu'est-ce donc, par rapport à une maladie qui sera toujours là?
Nous pouvons toutes les deux nous permettre d'attendre.
(Enfin, surtout elle...)

Bon alors, je me trimballe les cellules d'ovaire d'hamster chinois depuis + 3 semaines. Faut dire ce qu'y est, c'est la politesse asiatique. Pas de remous. Nulle part. La discrétion même en quelque sorte.Ca a son charme; on ne dégueule pas tous ses repas, pas d'hallucinations en tous genres ni de vertiges bizarroïdes. Et ses limites - c'est quand, le Grand Jour????
Rédigé par: Sophie | 26/04/2007 à 23:51