Le reste du temps

Essai d'optimisme par vent contraire, ou la PR et moi

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Pendant ce temps...

Paris au printemps Paris au printemps

26/03/2007 dans Et moi, et moi, et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Des nouvelles du front

Mes derniers résultats en poche, le moral requinqué et prêt à gravir de nouveau sommets, j'ai décidé d'oublier Dame PR pendant quelques semaines pour me consacrer sans partage à une aventure échevelée avec Monsieur B.

Avant qu'un Gougueule ou autre censeur pudibond ne décide de classer mes confidences parmi les sites que la morale réprouve, je m'empresse de préciser que Monsieur B est un pseudonyme destiné à cacher que je passe mon temps libre à parler de Boulot.

Dame PR a commencé par laisser faire. Hormis les habituelles râleries matinales dont je commence à prendre l'habitude, et quelques rappels à l'ordre plus musclés les jours où j'osais faire des heures supplémentaires, elle a supporté la présence de son rival avec égalité d'humeur. Du moins avais-je la naïveté de le croire; mais je ne perdais rien pour attendre.

Rentrant une fois de plus d'une escapade de plusieurs jours avec Monsieur B, j'ai trouvé dans mon courrier la facture de mes excès: des chiffres alignés en rang de bataille, prêts à défier Doc Rhumato et ses poisons.

C'est la guerre.

Jamais à court de ressources, Doc Rhumato a aussitôt décidé de changer son fusil d'épaule. Sous réserve qu'un autre Doc ne trouve rien à redire à mes bronches, poumons et autres pièces connexes, je pourrai bientôt commencer à m'administrer "un anticorps monoclonal humain recombinant exprimé dans des cellules ovariennes de hamster chinois".

Brrr, quand même.

15/03/2007 dans Et moi, et moi, et moi, Polyarthrite rhumatoïde | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

B comme ...

B comme Birds, par exemple. J'ai passé trois nuits à ruminer des pensées meurtrières à l'encontre de la gent ailée en général, et des volatiles qui peuplent mon jardin en particulier. Bien sûr, le printemps, la montée de la sève, l'Amour, je comprends tout ça. Je suis même absolument prête à admettre que la merlette du coin n'a pas sa pareille aux quatre coins du monde. Est-ce nécessaire, pour autant, de crier son admiration pour elle urbi et orbi dès trois heures quinze du matin? Et prendre le risque de donner des pensées ornithocides (ah, si seulement j'avais un plusieurs chats) à un mauvais coucheur insomniaque situé à portée de voix?

B comme Bureau, aussi: autre terrain en pleine transformation, comme mon jardin de plus en plus vert, plein de promesses mais exigeant aussi des soins attentifs.

B comme Bref...

Quant à Dame PR, elle apprécie moyennement toutes ces métamorphoses, mais elle laisse faire. Je lui promets une vie plus calme (B comme Bientôt) mais nous savons toutes les deux que ce n'est rien que des histoires pour blogueurs contrariés.

22/02/2007 dans Et moi, et moi, et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Check List

Il paraît que je vais bien. C'est ma prise de sang qui le dit: pratiquement que des paramètres normaux, VS retombée à 12, CRP à moins de 1, bref, du sang pareil, on en boirait.

Si je fais le tour des autres détecteurs, les résultats sont plus mitigés. Exemple: serrer le poing à droite: ok, serrer le poing à gauche: ça fait mal. Les genoux: ça va, ça vient. Bâiller sans avoir l'impression de vraiment se décrocher la mâchoire: ça dépend des matins. Lever le coude: heureusement, j'utilise plutôt le droit. Les pieds: sur terre. On met l'un devant l'autre, il paraît que c'est la meilleure façon de marcher.

Demain est un autre jour.

11/02/2007 dans Polyarthrite rhumatoïde | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Guichet 6

Parmi les nombreuses activités plus ou moins productives qui m'accaparent ces jours-ci, l'une des plus fastidieuses consiste à prouver que je suis, en tout cas au regard de la loi, une citoyenne irréprochable. Sous nos latitudes, le document idoine porte le nom très victorien de "certificat de bonne vie et moeurs" (ce qui m'inquiéta brièvement au temps de ma folle jeunesse) et s'obtient auprès des autorités de la municipalité.

Or donc, ce matin, m'armant du courage requis pour affronter toute administration, je me suis mise en route pour la maison communale.

Les circonstances exigeaient non seulement du courage, mais également une bonne paire de bottes: il neigeait. Certes pas la tempête de neige dans laquelle j'ai dû rouler avant-hier (les gros flocons mouillés fonçaient vers moi dans la lumière des phares, en totale contradiction avec le mouvement de la voiture, et j'ai fini par éprouver une sorte de mal de mer); mais une bonne tombée de flocons un peu durcis par le gel, extrêmement désagréables au contact. La chaussée a d'ailleurs été prise de verglas par endroits; comme de juste en de telles circonstances, la circulation s'est immédiatement retrouvée à l'arrêt dans tout le quartier.

Probablement sans lien direct avec la météo, le système informatique de la municipalité était en panne. Les préposées aux guichets l'annonçaient aux requérants avec de grandes gesticulations, un peu comme si nous étions une nuée de gros insectes importuns dont il convenait de se débarrasser au plus vite.

"Ah mais vous n'auriez pas dû venir," m'a annoncé la mienne, de préposée, une fois mon tour venu. "Ce qu'il faut faire, c'est téléphoner trois jours avant en donnant votre numéro machin. Vous savez, ça va beaucoup plus vite!"

Réprimant une forte envie de meurtre, j'ai fait valoir que puisque j'étais là, je pouvais faire ma demande en personne. La préposée a mobilisé un reste de bonne volonté. Hélas! Mon numéro machin, qui fut autrefois apposé au dos de ma carte d'identité, était devenu parfaitement illisible; il figurait bien sûr également dans un gros ordinateur quelque part, mais celui-ci refusait toutes les sollicitations.

"Je crois que ce sera mieux de téléphoner cet après-midi," a annoncé la préposée, savourant discrètement mais visiblement son triomphe.

Dehors, la gadoue a eu raison de mes bottes. J'ai dû en changer avant de partir au bureau, avec une heure de retard pour rien. Il neigeait toujours et le verglas tenait, mais le bouchon avait profité de mes démêlés avec l'administration pour se résorber.

De guerre lasse?

08/02/2007 dans Et moi, et moi, et moi, Le monde est fou | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Thriller

(Pour le titre, je me suis inspirée d'une chanson qui squatte mon cerveau depuis hier à la faveur d'un maléfice cathodique appelé "programme de variétés". Soyez sur vos gardes! Il suffit parfois de quelques notes pour être contaminé. Les personnes particulièrement vulnérables devraient s'en tenir aux documentaires, et encore, en évitant le générique...)

Je ne suis pas particulièrement, heu, le contraire de phallocrate? Mais pour ce qui est des travaux d'aiguille, mon subconscient ou mon intuition, appelez ça comme vous voudrez, me poussent à me méfier des messieurs. De fait, le boucher l'homme qui s'est occupé de ma prise de sang ce matin m'a non seulement fait mal, pendant et après, mais m'a aussi laissé en souvenir un hématome pas particulièrement indolore.

Or donc, me voilà repartie pour deux jours de suspense en attendant les résultats du dernier tirage. Se souvenant de mon coup de blues de la dernière fois, Monhomme préconise de laisser l'enveloppe fermée jusqu'au rendez-vous de vendredi; mais je sens que mon impatience aura raison de sa sagesse. A moins bien sûr que notre ami le facteur ne se charge de nous mettre d'accord. Après tout, le recommandé que j'attendais (ou plutôt que Monhomme attendait par délégation) vendredi n'est toujours pas arrivé ce matin. Mais là, c'est différent: je sais ce qu'il y a dedans. Miracle et prodige, j''y ai même déjà répondu!

En me concentrant un peu, je pourrais aussi vous faire les conclusions de Doc Rhumato, trois jours avant le rendez-vous: continuer le traitement... nous verrons dans un mois... il faut être patient...(ça, par exemple, c'est le comble de la médecine!)

On parie?

(Notez cependant que je ne demande qu'à me tromper...)

05/02/2007 dans Et moi, et moi, et moi, Polyarthrite rhumatoïde | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Courts-circuits

(Un doute ortographique affreux m'étreint, et je n'ai pas de dictionnaire sous la main. Court-circuits ou courts-circuits?)

A la maison, j'ai de plus en plus de mal à mater un ordinateur caractériel qui redémarre spontanément plusieurs fois par jour, quand il ne décide pas de fermer tous les programmes et de se mettre hors-circuit alors que je suis en plein travail. Bilou M. est incapable de me fournir la moindre hypothèse sur l'origine du problème (pourtant, je lui envoie de temps en temps un petit rapport, juste pour le plaisir de lire la prose inimitable du support en ligne); fait plus préoccupant, c'est déjà le deuxième ordinateur qui présente ces troubles du comportement.

De ce point de vue, mon bureau est normalement un havre de paix; mais pour combien de temps?

Hier, c'est l'imprimante qui est entrée en rébellion; après avoir appliqué l'auto-dépannage habituel (débrancher-rebrancher, taper dessus et dire des gros mots), j'ai appelé notre sorcier de technicien. A première vue, sa méthode ressemblait beaucoup à la mienne (les gros mots en moins); cependant, il a aussi demandé à l'imprimante de lui sortir une page de test. L'imprimante a obéi avec un ronronnement que je n'hésite pas à qualifier de sardonique. La page de test était bien sûr impeccable.

Il faut aller imprimer ces documents ailleurs, a dit le sorcier. Votre imprimante n'a pas l'air de les aimer.

Ça doit être moi. J'ai un fluide.

30/01/2007 dans Et moi, et moi, et moi, Windows et autres déboires | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Elle descend de la montagne

Juste au moment où je la croyais calmée, Dame PR se redécouvre un appétit pour mes genoux et lorgne du côté de mes doigts. Elle doit sentir approcher la prise de sang; pas question de ne pas être en beauté juste au moment où les microscopes sont braqués sur elle.

J'essaie de ne pas faire trop attention. Je ne veux surtout pas que ma relation avec Dame PR devienne obsessionnelle, surtout à ce stade précoce où le potentiel de nuisance à long terme de la maladie est encore incertain. C'est comme si j'escaladais une montagne dans un épais brouillard, en compagnie d'un psychopathe s'amusant à mettre dans mon sac des cailloux ramassés au bord de la route. Aucun moyen de savoir ce qui m'attend: la petite montée gentille et sinueuse jusqu'au chemin de crête, la paroi pour alpinistes diplômés ou carrément la chute dans le précipice? Quel sera le poids moyen des cailloux? L'expérience de ceux qui sont déjà arrivés plus loin et plus haut que moi ne sert à rien: à chacun son parcours, son compagnon de route et son brouillard personnel.

Une question de chance.

En attendant, je ne peux m'empêcher d'appâter le bon Gougueule avec des mots-clés comme "facteur rhumatoïde" (même si je n'en ai pas, ou pas encore). A vrai dire, c'est un lecteur arrivé par cette voie qui m'a mis sur la piste de ma toute dernière lecture, un article bizarre et compliqué où il est beaucoup question de stress quotidien, de dépression nerveuse, d'alexithymie et de rats (Lewis). Je ne réprouve en rien l'intérêt des chercheurs pour Dame PR, y compris dans ses manifestations psychiques -

Toutefois la prévalence de la dépression est liée, chez les sujets atteints de PR, à la longueur d'évolution de la maladie et à la consommation médicale. Pour certains auteurs, ce sont en effet l'évolutivité de la PR, l'importance des manifestations douloureuses de la maladie, et l'obligation de renoncer à des activités investies et valorisantes, qui conditionnent la réaction dépressive (Katz P.P. et al., 1995), alors que pour d'autres, c'est l'intensité des affects dépressifs qui conditionne la perception douloureuse (Parker J.L. et al., 1992).

- mais après avoir essayé d'y voir plus clair dans leur conclusions, les miennes, de conclusions, sont assez peu encourageantes. La montagne est toujours là, le brouillard aussi. Bref, on n'est pas couchés.

Et aucun moyen de rebrousser chemin.

28/01/2007 dans Polyarthrite rhumatoïde | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)

Interlude

Finalement, j'ose l'écrire: ça va mieux.

Les matins sont redevenus supportables, je ne boite plus qu'en fin de journée, et si peu qu'une amie revue après des mois n'a pas demandé ce qui m'arrivait. Et pourtant, j'avais oublié d'ajouter une pilule hallucinogène au menu du petit déjeuner.

Assommée par le nouveau poison prescrit par Doc Rhumato, Dame PR élude le combat pour l'instant, préférant la sieste. Mais lorsque je l'oublie, tentée que je suis de reprendre un bon petit rythme d'enfer comme avant, je l'entends bien qui se retourne dans son sommeil, un oeil déjà entrouvert, prête à se réveiller.

Pendant deux semaines encore, la cortisone la tiendra en échec; mais après?

Chut!

Je suis en vacances.

24/01/2007 dans Polyarthrite rhumatoïde | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Film d'horreur

A en croire les derniers bilans (à lire vite avant qu'ils ne soient archivés et donc payants), les intempéries viennent de faire une quarantaine de morts dans le nord de l'Europe. Je suis ravie de ne pas être du nombre: pas de catastrophe aérienne à déplorer en plus de tout le reste. Au journal de vingt heures, j'ai pu apprécier ce que donnait le même film, vu du sol; et tout bien pesé, je me demande tout de même si on a bien fait de nous autoriser à décoller.

Après la première tentative d'atterrissage, de toute évidence ratée, certains d'entre nous croyaient leur dernière heure arrivée. Ballottés dans tous les sens dans une sorte d'essoreuse un peu démente, nous avons fait front, chacun à sa manière. Trois de mes voisins ont déplié des sacs en papier, se délestant aussi dignement que possible des sandwiches qu'on venait de nous servir; de parfaits inconnus ne se lâchaient plus la main; d'autres enfonçaient les ongles dans les accoudoirs. Certains, très probablement, priaient. Pendant ce temps, l'avion paraissait changer d'avis toutes les cinq ou dix secondes sur la meilleure façon de se rapprocher du sol.

"Nous devons refaire un tour," a annoncé le commandant, d'une voix tout de même un peu tendue. Mais vingt minutes plus tard (ou peut-être juste dix minutes qui comptaient double), nous touchions terre dans un tonnerre d'applaudissements, comme si on venait de nous offrir la plus impressionnante des attractions foraines. Une de celles que je déteste.

Dire qu'il se trouve des gens qui paient pour se faire secouer comme ça. La peur en moins (enfin, j'imagine...) J'espère qu'ils ne mettent pas aussi longtemps que moi à s'en remettre.

Dans trois semaines, je reprends l'avion.

19/01/2007 dans Et moi, et moi, et moi | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

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